Des millions pour des conseils : le recours à des consultants externes mène-t-il réellement le gouvernement à la durabilité ?
Dans un récent article paru dans De Groene Amsterdammer et rédigé par Ewald Engelen, l'influence croissante des consultants externes sur le gouvernement néerlandais est discutée. Les dépenses du gouvernement pour ces consultants sont passées de 1,29 milliard d'euros à 2,29 milliards d'euros en cinq ans. Cette croissance est attribuée à une tendance mondiale où la privatisation du secteur public et l'estompement de la frontière entre public et privé rendent le gouvernement de plus en plus dépendant des conseils externes.

Photo : fauxels (sur pexels).
Un exemple frappant est le cas du stockage de CO2. En 2019, le gouvernement néerlandais a engagé un cabinet de conseil (ainsi que des experts du PBL, RVO.nl) pour étudier la faisabilité et l'opportunité du stockage de CO2. Pour un montant considérable de 1,2 million d'euros, le cabinet de conseil a reçu la mission. Leur conclusion : le stockage de CO2 peut être essentiel pour la transition énergétique et les Pays-Bas disposent de suffisamment de sites appropriés, principalement d'anciens gisements de gaz sous la mer du Nord. Le cabinet de conseil a recommandé au gouvernement de développer rapidement un cadre légal, une politique de subvention et une stratégie de communication.
Cependant, comme Engelen le souligne dans son article, cet avis a eu peu d'influence sur les actions réelles du gouvernement. Aucune stratégie ou vision claire n'a été mise en place pour le stockage de CO2, et le soutien des citoyens et des organisations environnementales fait défaut. De nombreuses incertitudes subsistent, tant techniques que juridiques, concernant le stockage de CO2. L'avis semble donc, malgré son coût élevé, avoir été ignoré.
Les consultants sont considérés comme des acteurs clés dans l'introduction de la concurrence et de la mesure de la performance dans le secteur public. Cependant, il est avancé que cette expertise externe conduit à une "infantilisation" de l'État, où la propre expertise est dévalorisée au profit des connaissances externes. Le livre de Mariana Mazzucato, "The Big Con", offre un regard critique sur l'industrie du conseil et affirme que leurs promesses ne sont jamais tenues. Au lieu de cela, elles conduisent souvent à des inefficacités et à des problèmes qui nécessitent de nouvelles consultations, créant un cercle vicieux de dépendance et de dépenses.